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Actualités réglementaires

Caisse blanche SCE 2.0 : obligations et calendrier horeca

Zakaria Benchaou18 juillet 202611 min de lecture

Le SCE 2.0 est entré en vigueur le 1er juillet 2026. Tout nouvel établissement horeca qui entre dans le champ d'application du système de caisse enregistreuse doit désormais opter pour un SCE 2.0, dans le respect des délais réglementaires d'enregistrement et de mise en service. Les établissements déjà équipés d'un SCE 1.0 disposent, eux, d'un calendrier de transition échelonné jusqu'en 2027, 2028 ou 2029 selon l'ancienneté de leur caisse.

Qui est soumis au SCE 2.0 dans l'horeca ?

C'est la première question à trancher, et c'est celle sur laquelle circulent le plus d'approximations. Le SCE 2.0 n'élargit pas, en soi, le nombre d'établissements soumis à l'obligation de caisse. Il modernise le système utilisé par ceux qui y sont déjà soumis. Autrement dit : la question du champ d'application et celle de la version technique sont deux sujets distincts, souvent confondus.

Le seuil de 25 000 euros

Un établissement horeca est tenu d'utiliser un système de caisse enregistreuse lorsque son chiffre d'affaires annuel hors TVA provenant des services de restaurant et de restauration dépasse 25 000 euros (article 21bis, § 1er, alinéa 1er, de l'arrêté royal n° 1). Le verbe compte : un chiffre d'affaires exactement égal à 25 000 euros ne déclenche pas l'obligation. Lorsque plusieurs établissements sont exploités sous le même numéro de TVA, le seuil s'examine par établissement, et chacun suit son propre régime. Trois précisions comptent réellement dans le calcul :

  • le montant s'apprécie hors TVA ;
  • la fourniture de boissons est exclue du calcul ;
  • les simples livraisons de nourriture ne sont pas comprises dans le seuil. La qualification dépend toutefois des conditions concrètes de fourniture : une prestation de restauration ne devient pas automatiquement une livraison de biens parce qu'elle est exécutée hors de l'établissement.

C'est la distinction la plus mal comprise du dossier. Le critère n'est pas « sur place ou à emporter », mais la qualification TVA de l'opération : livraison de biens ou service de restaurant et de restauration. Un traiteur qui se borne à livrer des repas sans service annexe effectue une livraison de biens ; le même traiteur qui assure le service sur le lieu de l'événement fournit une prestation de restauration. La circulaire 2017/C/70 raisonne intégralement sur cette qualification, et non sur le lieu de consommation.

Pour un établissement qui démarre, ce seuil s'apprécie par ailleurs sur la base d'une estimation réaliste du chiffre d'affaires annuel des services concernés. Il ne faut donc pas attendre d'avoir effectivement encaissé 25 000 euros pour examiner l'obligation : l'estimation déclenche elle-même les délais d'enregistrement et de mise en service, et elle est contrôlable par l'administration.

Un établissement mixte peut donc dépasser largement 25 000 euros de chiffre d'affaires total tout en restant sous le seuil pour les seules opérations visées. À l'inverse, un petit restaurant sans activité de livraison franchit le seuil très rapidement. Des règles particulières existent par ailleurs pour les hôtels, la sous-traitance et les cantines d'entreprise. Dans le cadre de notre accompagnement des établissements horeca, Disrupt Consulting vérifie séparément le chiffre d'affaires total et celui des seuls services entrant dans le calcul du seuil : se tromper de base de calcul, c'est soit s'équiper inutilement, soit s'exposer à une amende.

Attention : le calcul du seuil et les opérations à enregistrer ne coïncident pas. Les boissons sont exclues du calcul des 25 000 euros. Mais une fois l'établissement soumis au SCE, toutes ses activités horeca doivent en principe être enregistrées dans la caisse, y compris les commandes emportées ; en revanche, les activités accessoires qui ne sont pas des services de restaurant ou de restauration — vente de meubles, bowling, droit d'entrée dans un dancing, spectacle — restent hors du SCE. La circulaire 2017/C/70 illustre le mécanisme avec les ateliers culinaires : leur chiffre d'affaires n'entre pas dans le calcul du seuil, mais si l'exploitant dépasse le seuil par ses services de restaurant, des tickets SCE doivent également être délivrés pour ces ateliers.

Important : en dessous du seuil, l'établissement n'est pas dispensé de tout document de contrôle. Il reste tenu de délivrer une note ou un reçu TVA. Il peut aussi opter volontairement pour un système de caisse enregistreuse — mais dans ce cas, l'ensemble des obligations et des conséquences applicables à un assujetti qui franchit le seuil lui deviennent applicables.

Les nouveaux établissements depuis le 1er juillet 2026

Depuis le 1er juillet 2026, lorsqu'un nouvel établissement entre dans le champ du SCE, le système qu'il doit commander et mettre en service doit être un SCE 2.0. Il n'est plus possible d'installer un SCE 1.0 neuf. Les formalités et délais réglementaires d'enregistrement et de mise en service restent quant à eux applicables : « immédiatement » désigne le choix du système, pas une caisse opérationnelle à la minute de l'ouverture. En pratique, l'enregistrement doit intervenir au plus tard à l'expiration du deuxième mois qui suit la date du commencement de l'activité, et la mise en service du système au plus tard à l'expiration du troisième mois (article 21bis, § 2, alinéas 2 et 3, de l'arrêté royal n° 1). Dans l'intervalle, l'exploitant délivre des notes ou reçus. La période de tolérance accordée en raison de la pénurie de caisses et de modules certifiés a été prolongée une dernière fois jusqu'au 30 juin 2026 inclus : elle est aujourd'hui terminée.

Cette règle vaut pour les établissements soumis à l'obligation. Un nouvel établissement qui estime de manière réaliste que son chiffre d'affaires annuel provenant des services concernés ne dépassera pas 25 000 euros n'est pas contraint d'installer une caisse blanche du seul fait qu'il ouvre après le 1er juillet 2026. C'est une confusion fréquente, et elle coûte cher : un équipement complet installé sans obligation légale est un investissement engagé pour rien, sauf choix de gestion assumé.

À quelle date devez-vous basculer vers le SCE 2.0 ?

Si votre établissement utilise déjà un SCE 1.0, vous ne devez pas nécessairement le remplacer immédiatement. Vous devez en revanche identifier dès maintenant votre échéance et vérifier la solution proposée par votre fournisseur — cette date dépend de l'ancienneté de votre caisse, pas de votre chiffre d'affaires.

Le calendrier officiel

SituationRégime applicable
Nouvel établissement entrant dans le champ du SCE depuis le 1er juillet 2026SCE 2.0, selon les délais de mise en service applicables — plus aucun SCE 1.0 neuf
Caisse achetée avant le 1er janvier 2018Basculement au plus tard le 1er juillet 2027
Caisse achetée du 1er janvier 2018 au 31 décembre 2021Basculement au plus tard le 1er juillet 2028
Caisse achetée à partir du 1er janvier 2022Basculement au plus tard le 1er janvier 2029

La première vague est de loin la plus large. Selon l'ITAA, dans son analyse publiée le 7 juillet 2026, environ 9 500 établissements sont concernés par l'échéance du 1er juillet 2027, puis environ 12 000 à 13 000 établissements par chacune des deux vagues suivantes.

Le cas des établissements à plusieurs caisses

Point opérationnel largement méconnu : lorsqu'un établissement dispose de plusieurs caisses, la date retenue est celle de la caisse la plus récente. Le module de données fiscales n'entre pas dans ce calcul. Un restaurant équipé d'une caisse de 2016 et d'une caisse d'appoint achetée en 2022 ne relève donc pas de l'échéance 2027, mais de celle de 2029.

Vérifier votre date dans l'e-service SCE

Plutôt que de reconstituer la date d'achat de mémoire ou à partir d'une facture retrouvée, la date limite applicable à chaque établissement se consulte directement dans l'e-service SCE du SPF Finances, onglet Mon profil, rubrique Unités d'établissements enregistrés. C'est le premier geste à poser, et il prend quelques minutes.

Ce que le SCE 2.0 change techniquement

La transmission des transactions au SPF

C'est le cœur de la réforme. Là où l'ancien système ne conservait qu'un résumé des opérations, ce sont désormais les données détaillées de chaque transaction qui sont transmises, via le module de données fiscales — le Fiscal Data Module, encore appelé « boîte noire » —, vers le serveur cloud du SPF Finances. La transmission intervient de manière quasi continue, et non plus lors d'un contrôle ou d'une clôture.

Chaque ticket de caisse TVA comporte par ailleurs un code QR associé aux données de la transaction, selon les spécifications du SCE 2.0. L'ITAA qualifie ce mécanisme d'« e-reporting B2C » pour l'horeca. La formule est parlante, mais elle mérite une réserve : il s'agit d'une qualification économique, et non d'un régime juridique identique à celui de la facturation électronique structurée entre entreprises.

Ne pas confondre avec la facturation électronique B2B

2026 est une année chargée pour les dirigeants horeca, et deux dossiers numériques arrivent en même temps. La facturation électronique structurée entre entreprises (réseau Peppol) est obligatoire depuis le 1er janvier 2026 et concerne vos relations avec vos fournisseurs et vos clients professionnels. Le SCE 2.0 concerne vos opérations avec des consommateurs finaux. Ce sont deux obligations distinctes, avec deux calendriers distincts et deux outils distincts. Disrupt Consulting traite les deux dossiers ensemble dans le cadre de sa mission comptable, parce qu'ils partagent un même enjeu de fond : la qualité de la donnée qui entre dans votre comptabilité.

Ticket numérique, ticket-copie et remboursement

Le SCE 2.0 réintroduit ou introduit plusieurs fonctionnalités qui manquaient réellement à l'exploitation quotidienne :

  • le ticket-copie et le ticket de remboursement sont à nouveau autorisés ;
  • le ticket peut être délivré sous forme numérique — par e-mail, code QR ou profil client ;
  • la structure de données uniformisée simplifie le couplage avec les logiciels de comptabilité et de facturation, avec moins de reprises manuelles et donc moins d'erreurs.

Quel budget prévoir pour passer au SCE 2.0 ?

Un chiffre circule beaucoup dans le secteur : 200 euros. Selon l'ITAA, dans son analyse du 7 juillet 2026, un nouveau module de données fiscales coûte aujourd'hui environ 200 euros, contre environ 750 euros dans l'ancienne situation de monopole, la certification de quatre producteurs de FDM ayant introduit une concurrence réelle sur ce composant. Ce montant concerne le FDM, et non le coût total de la migration. Le confondre avec le budget global de l'opération est l'erreur de planification la plus fréquente sur ce dossier.

Les cinq postes à budgéter

  1. le module de données fiscales (FDM) ;
  2. le logiciel de caisse : mise à jour, nouvelle licence, ou remplacement complet si le système n'est plus supporté ;
  3. le matériel : caisse, périphériques, imprimante ;
  4. l'installation, le paramétrage et la migration des données ;
  5. les coûts récurrents : abonnement, support, maintenance, et le cas échéant le paramétrage du couplage comptable et la formation du personnel.

Selon l'ITAA, les utilisateurs actuels d'un SCE 1.0 ne remplacent généralement que le boîtier ; les clients disposant d'une caisse logicielle reçoivent le plus souvent une mise à jour payante, gratuite chez certains fournisseurs ; en revanche, les exploitants travaillant encore avec certaines anciennes caisses sans support depuis plusieurs années devront acquérir un nouveau matériel.

Trois scénarios de migration

Les montants dépendent du fournisseur, du parc existant et des services inclus. Le tableau ci-dessous ne donne donc pas de prix de marché, mais la composition du budget selon la situation — c'est ce qui permet de demander des devis comparables :

ScénarioPostes à prévoir
Adaptation légèreFDM + paramétrage + intervention technique
Migration intermédiaireFDM + mise à jour ou nouvelle licence logicielle + installation
Remplacement completCaisse + FDM + périphériques + migration des données + formation

Le vrai risque : le calendrier des installateurs

Selon l'ITAA, les distributeurs peuvent installer ensemble de l'ordre de 13 000 caisses par an, et n'interviennent pas pendant les périodes de pointe — littoral, juillet et août. Rapporté aux volumes d'établissements concernés par chaque vague, cela laisse peu de marge. Attendre le dernier trimestre avant son échéance, c'est prendre le risque réel de ne pas être en ordre à la date limite, pour un motif purement logistique.

Quelle déduction fiscale, et pour quel gain réel ?

La caisse certifiée est nommément visée

Depuis la réforme entrée en vigueur au 1er janvier 2025, la déduction pour investissement de base s'élève à 10 %, portée à 20 % pour certains investissements numériques. Les systèmes de caisse enregistreuse certifiée sont expressément repris dans la catégorie concernée. L'accès effectif au taux de 20 % suppose néanmoins que l'investissement concret et le contribuable satisfassent à toutes les conditions applicables — et la ventilation du contrat entre matériel, logiciel, installation, abonnement et formation doit être examinée poste par poste : tout ce qui figure sur le devis n'est pas nécessairement un investissement admissible.

Cette déduction de base, à 10 % comme à 20 %, est réservée aux entreprises individuelles et aux petites sociétés au sens de la législation fiscale.

Déduction n'est pas réduction d'impôt

C'est le point sur lequel il faut être précis, parce qu'il est systématiquement mal présenté. Une déduction pour investissement de 20 % ne réduit pas votre facture fiscale de 20 % du prix : elle réduit votre base imposable de 20 % du montant investi.

Exemple simplifié : pour un investissement admissible de 1 000 euros, la déduction pour investissement s'élève à 200 euros. L'économie d'impôt correspondante est d'environ 40 euros au taux réduit de 20 % à l'impôt des sociétés, et de 50 euros au taux de 25 %. Cet exemple est pédagogique : le gain réel dépend du taux effectivement applicable, de la base imposable et de la situation propre de la société.

Les conditions à respecter

Le fait qu'un équipement soit lié au SCE ne suffit pas. L'actif doit notamment être neuf, amortissable, affecté à l'activité professionnelle exercée en Belgique, et acquis ou constitué par le contribuable lui-même. Les conditions générales de la déduction pour investissement restent pleinement applicables, et leur vérification fait partie de notre mission fiscale avant tout engagement de dépense.

Achat, leasing ou abonnement

La question préalable n'est pas « quelle déduction ? » mais « qui acquiert juridiquement quel actif ? ». Un abonnement constitue en principe une charge déductible selon les règles ordinaires, mais il n'ouvre pas la déduction pour investissement sur sa composante purement servicielle. Il faut donc comparer le coût total et le rythme de déduction, et non supposer qu'une formule est systématiquement plus avantageuse : une charge immédiatement déductible et un actif amorti sur plusieurs années avec déduction pour investissement ne produisent pas le même profil de trésorerie, et le classement dépend de la durée d'amortissement, du taux d'imposition, du bénéfice imposable et de la ventilation entre matériel, logiciel et services dans le contrat.

Et si le bénéfice imposable est insuffisant ?

La déduction non utilisée peut être reportée conformément aux règles applicables. L'ancienne limitation du report de la déduction de base à un seul exercice ultérieur a été supprimée fin 2025, pour les investissements réalisés à partir du 1er janvier 2025. Attention : de nombreuses publications professionnelles encore en ligne mentionnent cette limitation à un an. Elle ne correspond plus à l'état actuel du droit, et un plan de trésorerie construit sur cette base serait faussé.

Vous devez remplacer votre caisse ?

Nous vérifions trois choses avant que vous ne signiez le moindre devis : le calendrier de basculement réellement applicable à votre établissement, le traitement comptable de l'investissement selon la formule choisie — achat, leasing ou abonnement — et l'avantage fiscal effectivement mobilisable dans votre situation.

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Un contrôle plus automatisé, pas moins exigeant

Selon l'ITAA, le SPF Finances résume cette approche par la formule « compliance the gentle way » : moins de contrôles sur place, un suivi plus ciblé fondé sur les données, et un contrôle fiscal approfondi lorsque les anomalies persistent. Il s'agit de l'orientation annoncée par l'administration. Il serait imprudent d'en déduire un allègement du contrôle.

Ce que l'administration voit désormais

Avec des données de transaction détaillées et structurées, transmises en continu, l'administration peut opérer des contrôles de cohérence bien plus rapides entre les données de caisse, la comptabilité et les déclarations TVA. Ces données peuvent également faciliter la détection de ratios ou de comportements atypiques. Ce qui disparaît, ce n'est pas le contrôle : c'est le délai entre l'opération et sa vérification possible.

Annulations, remboursements et consommations offertes

Le SCE 2.0 autorise à nouveau le ticket de remboursement et le ticket-copie, et l'enregistrement correct de ces opérations documente ce qui s'est passé. Mais un enregistrement documente une opération ; il n'établit pas à lui seul sa réalité économique ni sa justification. Un repas offert, une annulation, une correction de commande, une erreur de service : chacune de ces situations doit être enregistrée avec la qualification correcte, et rester explicable. Un volume anormal d'annulations dans un système qui remonte tout en continu est exactement le type de signal qu'une sélection fondée sur les données fait apparaître.

Ce que la caisse ne remplace pas

Le SCE ne remplace pas l'ensemble des autres pièces et procédures nécessaires : factures d'achat, justificatifs de personnel, inventaires et procédures internes d'encaissement et de correction restent indispensables. Le système modifie certaines modalités — la tenue du journal des recettes n'est plus la même lorsque toutes les opérations transitent par le SCE — mais il ne fait pas disparaître l'exigence de justification. Chez Disrupt Consulting, l'arrivée du SCE 2.0 est l'occasion que nous utilisons pour reprendre avec le client sa procédure interne d'encaissement — c'est souvent là, et non dans le matériel, que se trouve la vraie fragilité en cas de contrôle.

L'obligation sera-t-elle étendue à tout l'horeca ?

Situation au 18 juillet 2026 : le seuil de 25 000 euros reste applicable. L'extension annoncée n'est pas une obligation en vigueur. Cette section sera actualisée dès la publication d'un texte définitif au Moniteur belge.

Une deuxième phase est bien à l'étude. Elle viserait à étendre l'obligation de caisse à l'ensemble du secteur horeca — ce qui ferait disparaître le reçu TVA papier — ainsi qu'au secteur du car-wash. Selon l'ITAA, dans son analyse du 7 juillet 2026, l'arrêté royal correspondant a parcouru la procédure jusqu'au Conseil d'État et se trouve dans les discussions budgétaires. L'Institut précise explicitement que cette extension n'est pas encore définitivement décidée.

Deux réserves de méthode s'imposent. D'une part, un passage au Conseil d'État ne préjuge ni de l'adoption du texte, ni de son contenu final. D'autre part, la suppression du seuil évoquée dans l'accord de gouvernement relève d'un vecteur distinct de la législation SCE 2.0 elle-même : les deux dossiers sont régulièrement confondus dans la presse sectorielle. Pour un dirigeant, la conséquence pratique est simple : si vous êtes aujourd'hui sous le seuil, n'investissez pas sur la base d'une annonce, mais tenez le scénario d'une extension à l'esprit dans votre planification à trois ans.

Quatre actions selon votre situation

  1. Vous ouvrez un établissement. Déterminez si votre chiffre d'affaires annuel estimé provenant des services de restaurant et de restauration, à l'exclusion de la fourniture de boissons, dépassera 25 000 euros. Les simples livraisons de nourriture ne sont pas prises en compte, mais la distinction doit être vérifiée au regard des services effectivement fournis. Si le seuil est franchi, prévoyez un SCE 2.0 avec les délais d'enregistrement et de mise en service associés.
  2. Votre caisse date d'avant 2018. Vous êtes dans la vague la plus large, échéance au 1er juillet 2027. Demandez vos devis dès maintenant et bloquez un créneau d'installation hors saison, idéalement avant la fin 2026.
  3. Votre caisse date de 2018 à 2021. Échéance au 1er juillet 2028. Intégrez dès à présent la dépense dans votre plan d'investissement et choisissez la période de migration en fonction de la disponibilité du fournisseur, de la continuité opérationnelle et, en dernier lieu seulement, du traitement fiscal applicable. L'ordre des critères compte : conformité, continuité, coût total, fiscalité — jamais l'inverse.
  4. Votre caisse date de 2022 ou après. Échéance au 1er janvier 2029. Vérifiez auprès de votre fournisseur si une mise à jour logicielle suffira, et n'anticipez un remplacement complet que s'il se justifie par ailleurs.

En résumé : le SCE 2.0 est le système applicable depuis le 1er juillet 2026 aux nouveaux établissements horeca qui entrent dans le champ du système de caisse enregistreuse. Les établissements déjà équipés disposent d'un calendrier de transition fixé au 1er juillet 2027, au 1er juillet 2028 ou au 1er janvier 2029 selon la date d'achat de leur caisse la plus récente. L'obligation s'applique lorsque le chiffre d'affaires hors TVA des services de restaurant et de restauration, hors fourniture de boissons, dépasse 25 000 euros par établissement ; un montant exactement égal à 25 000 euros ne suffit pas, et les simples livraisons de nourriture ne sont pas comprises dans ce calcul. L'extension de l'obligation à l'ensemble du secteur horeca n'est pas en vigueur au 18 juillet 2026. Une déduction pour investissement de 20 % peut s'appliquer aux investissements admissibles, sans constituer pour autant une réduction d'impôt de 20 %. Disrupt Consulting accompagne les exploitants horeca sur l'échéance applicable, la structuration de l'investissement et la procédure interne d'encaissement.

Questions fréquentes

Tout établissement horeca doit-il installer un SCE 2.0 ?
Non. L'obligation ne vise que les établissements dont le chiffre d'affaires annuel hors TVA provenant des services de restaurant et de restauration, hors fourniture de boissons, dépasse 25 000 euros. Un chiffre d'affaires exactement égal à 25 000 euros ne déclenche donc pas l'obligation. Tant que ce montant n'est pas dépassé, l'établissement reste tenu de délivrer une note ou un reçu TVA, mais n'est pas obligé d'utiliser un système de caisse enregistreuse. Il peut toutefois choisir d'en utiliser un volontairement, auquel cas toutes les obligations liées au SCE lui deviennent applicables.
À quelle date dois-je passer au SCE 2.0 ?
Depuis le 1er juillet 2026, un nouvel établissement entrant dans le champ du SCE doit opter pour un SCE 2.0 : il ne peut plus installer un nouveau SCE 1.0. Il doit ensuite respecter les délais réglementaires d'enregistrement et de mise en service. Pour un établissement déjà équipé d'un SCE 1.0, la date limite dépend de la date d'achat de la caisse : au plus tard le 1er juillet 2027 pour une caisse achetée avant le 1er janvier 2018, le 1er juillet 2028 pour une caisse achetée entre le 1er janvier 2018 et le 31 décembre 2021, et le 1er janvier 2029 pour une caisse achetée à partir du 1er janvier 2022.
Quelle date est retenue si j'ai plusieurs caisses ?
Lorsqu'un établissement dispose de plusieurs caisses, la date retenue pour déterminer l'échéance de migration est celle de la caisse la plus récente. Le module de données fiscales n'est pas pris en compte dans ce calcul. La date limite applicable à chaque unité d'établissement peut être vérifiée dans l'e-service SCE, sous l'onglet Mon profil, rubrique Unités d'établissements enregistrés.
La caisse enregistreuse certifiée donne-t-elle droit à la déduction pour investissement ?
Les systèmes de caisse enregistreuse certifiée figurent nommément dans la liste des investissements numériques ouvrant la déduction de base majorée à 20 %, réservée aux entreprises individuelles et aux petites sociétés. Il s'agit d'une déduction de la base imposable, et non d'une réduction d'impôt : sur un investissement admissible de 1 000 euros, la déduction s'élève à 200 euros, ce qui représente une économie d'impôt d'environ 40 euros au taux réduit de 20 % à l'impôt des sociétés, ou 50 euros au taux de 25 %. Les conditions générales de la déduction doivent par ailleurs être respectées.
Que se passe-t-il si ma société n'a pas de bénéfice imposable suffisant ?
La déduction non utilisée peut être reportée conformément aux règles applicables. L'ancienne limitation du report de la déduction de base à un seul exercice a été supprimée fin 2025 pour les investissements réalisés à partir du 1er janvier 2025. De nombreuses publications en ligne mentionnent encore cette limitation à un an : elle ne correspond plus à l'état actuel du droit.
Le seuil de 25 000 euros va-t-il disparaître ?
Au 18 juillet 2026, le seuil de 25 000 euros reste applicable. Un projet d'arrêté royal visant à étendre l'obligation à l'ensemble du secteur horeca, ce qui ferait disparaître le reçu TVA papier, ainsi qu'au secteur du car-wash, a suivi la procédure jusqu'au Conseil d'État et se trouve dans les discussions budgétaires. Selon l'ITAA, cette extension n'est pas encore définitivement décidée. Elle ne constitue donc pas une obligation en vigueur.

Sources officielles et professionnelles

Cet article repose sur les sources suivantes, consultées le 18 juillet 2026. Les données de marché — prix du module de données fiscales, nombre de producteurs certifiés, capacité d'installation du secteur — proviennent de l'analyse de l'ITAA et non d'une communication du SPF Finances.

Zakaria Benchaou — Expert-comptable fiscaliste ITAA

Zakaria Benchaou

Expert-comptable fiscaliste — Membre ITAA n° 52.344.937

Expert-comptable fiscaliste ITAA depuis 2017, diplômé de la Chambre belge des comptables en 2013. Spécialités : optimisation fiscale et création de sociétés.

Votre établissement est-il prêt pour le SCE 2.0 ?

Disrupt Consulting accompagne les exploitants horeca de Bruxelles et de Belgique : vérification de l'échéance applicable, arbitrage achat / leasing / abonnement, admissibilité à la déduction pour investissement et mise à niveau de la procédure interne d'encaissement.